
Pride and Prejudice
par Jane Austen
Elizabeth Bennet et l'orgueilleux M. Darcy se disputent jusqu'à l'amour, dans la comédie de mœurs adorée d'Austen. Cette édition bilingue de "Pride and Prejudice" de Jane Austen utilise notre format Side-by-Side pour rendre la littérature classique plus accessible aux apprenants. Tu lis le texte original et compares la traduction instantanément, sans casser le rythme de lecture.
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Le début de « Pride and Prejudice » avec la traduction alignée paragraphe par paragraphe — exactement comme dans l'édition complète.
_I suppose, however, that the majority of at least competent votes would, all things considered, be divided between_ Emma _and the present book; and perhaps the vulgar verdict (if indeed a fondness for Miss Austen be not of itself a patent of exemption from any possible charge of vulgarity) would go for_ Emma. _It is the larger, the more varied, the more popular; the author had by the time of its composition seen rather more of the world, and had improved her general, though not her most peculiar and characteristic dialogue; such figures as Miss Bates, as the Eltons, cannot but unite the suffrages of everybody. On the other hand, I, for my part, declare for_ Pride and Prejudice _unhesitatingly. It seems to me the most perfect, the most characteristic, the most eminently quintessential of its author’s works; and for this contention in such narrow space as is permitted to me, I propose here to show cause._
_Je suppose, cependant, que la majorité des voix, du moins compétentes, se partagerait, tout bien considéré, entre_ Emma _et le présent ouvrage ; et peut-être le verdict vulgaire (si toutefois une prédilection pour Miss Austen n'est pas en elle-même un brevet d'exemption de tout reproche possible de vulgarité) pencherait-il pour_ Emma. _C'est le plus vaste, le plus varié, le plus populaire ; l'auteur, au moment de sa composition, avait vu un peu plus du monde, et avait amélioré son dialogue général, sans toutefois égaler son dialogue le plus particulier et le plus caractéristique ; des figures telles que Miss Bates, telles que les Elton, ne peuvent que réunir les suffrages de tous. Pour ma part, en revanche, je me déclare pour_ Orgueil et Préjugés _sans hésiter. Il me semble le plus parfait, le plus caractéristique, le plus éminemment quintessentiel des œuvres de son auteur ; et pour soutenir cette thèse dans l'espace restreint qui m'est imparti, je me propose ici d'en exposer les raisons._
_I think, however, though the thought will doubtless seem heretical to more than one school of critics, that construction is not the highest merit, the choicest gift, of the novelist. It sets off his other gifts and graces most advantageously to the critical eye; and the want of it will sometimes mar those graces--appreciably, though not quite consciously--to eyes by no means ultra-critical. But a very badly-built novel which excelled in pathetic or humorous character, or which displayed consummate command of dialogue--perhaps the rarest of all faculties--would be an infinitely better thing than a faultless plot acted and told by puppets with pebbles in their mouths. And despite the ability which Miss Austen has shown in working out the story, I for one should put_ Pride and Prejudice _far lower if it did not contain what seem to me the very masterpieces of Miss Austen’s humour and of her faculty of character-creation--masterpieces who may indeed admit John Thorpe, the Eltons, Mrs. Norris, and one or two others to their company, but who, in one instance certainly, and perhaps in others, are still superior to them._
_Je pense cependant, bien que cette pensée paraîtra sans doute hérétique à plus d'une école de critiques, que la construction n'est pas le plus haut mérite, le don le plus précieux, du romancier. Elle met en valeur, aux yeux du critique, ses autres dons et ses grâces de la manière la plus avantageuse ; et son absence gâtera parfois ces grâces--sensiblement, quoique sans qu'on en ait pleinement conscience--même aux yeux les moins pointilleux. Mais un roman très mal construit, qui excellerait dans le pathétique ou le comique de caractère, ou qui manifesterait une maîtrise consommée du dialogue--peut-être la plus rare de toutes les facultés--vaudrait infiniment mieux qu'une intrigue sans faille, jouée et racontée par des marionnettes ayant des cailloux dans la bouche. Et malgré l'habileté dont Miss Austen a fait preuve dans l'élaboration du récit, je serais pour ma part enclin à placer_ Orgueil et Préjugés _bien plus bas s'il ne contenait ce qui me paraît être les véritables chefs-d'œuvre de l'humour de Miss Austen et de sa faculté de création des caractères--chefs-d'œuvre qui admettent certes en leur compagnie John Thorpe, les Elton, Mrs Norris, et un ou deux autres, mais qui, dans un cas assurément, et peut-être dans d'autres, leur demeurent encore supérieurs._
_The Bingleys and the Gardiners and the Lucases, Miss Darcy and Miss de Bourgh, Jane, Wickham, and the rest, must pass without special comment, further than the remark that Charlotte Lucas (her egregious papa, though delightful, is just a little on the thither side of the line between comedy and farce) is a wonderfully clever study in drab of one kind, and that Wickham (though something of Miss Austen’s hesitation of touch in dealing with young men appears) is a not much less notable sketch in drab of another. Only genius could have made Charlotte what she is, yet not disagreeable; Wickham what he is, without investing him either with a cheap Don Juanish attractiveness or a disgusting rascality. But the hero and the heroine are not tints to be dismissed._
_Les Bingley, les Gardiner et les Lucas, Miss Darcy et Miss de Bourgh, Jane, Wickham, et le reste, doivent passer sans commentaire particulier, sinon pour remarquer que Charlotte Lucas (son extravagant papa, tout charmant qu'il soit, se tient juste un peu du côté de la farce, au-delà de la ligne qui sépare celle-ci de la comédie) est une étude merveilleusement habile en camaïeu terne d'un certain genre, et que Wickham (bien qu'y perce quelque chose de l'hésitation de touche de Miss Austen dans le traitement des jeunes gens) en est une esquisse, en camaïeu terne d'un autre genre, à peine moins remarquable. Seul le génie pouvait faire de Charlotte ce qu'elle est, sans pourtant la rendre déplaisante ; de Wickham ce qu'il est, sans le doter ni d'un attrait de Don Juan à bon marché, ni d'une canaillerie répugnante. Mais le héros et l'héroïne ne sont pas des teintes que l'on puisse écarter ainsi._
_And, after all, what is the good of seeking for the reason of charm?--it is there. There were better sense in the sad mechanic exercise of determining the reason of its absence where it is not. In the novels of the last hundred years there are vast numbers of young ladies with whom it might be a pleasure to fall in love; there are at least five with whom, as it seems to me, no man of taste and spirit can help doing so. Their names are, in chronological order, Elizabeth Bennet, Diana Vernon, Argemone Lavington, Beatrix Esmond, and Barbara Grant. I should have been most in love with Beatrix and Argemone; I should, I think, for mere occasional companionship, have preferred Diana and Barbara. But to live with and to marry, I do not know that any one of the four can come into competition with Elizabeth._
_Et, après tout, à quoi bon chercher la raison du charme ? — il est là. Il y aurait plus de sens dans le triste exercice mécanique consistant à déterminer la raison de son absence là où il fait défaut. Dans les romans du dernier siècle, il existe un vaste nombre de jeunes filles dont il pourrait être agréable de tomber amoureux ; il en est au moins cinq dont, me semble-t-il, aucun homme de goût et d'esprit ne saurait s'empêcher de tomber amoureux. Leurs noms sont, par ordre chronologique, Elizabeth Bennet, Diana Vernon, Argemone Lavington, Beatrix Esmond et Barbara Grant. J'aurais été le plus amoureux de Beatrix et d'Argemone ; j'aurais, je crois, pour la simple compagnie occasionnelle, préféré Diana et Barbara. Mais pour vivre avec elle et l'épouser, je ne sache pas qu'aucune des quatre puisse rivaliser avec Elizabeth._
“Lady Catherine,” said she, “you have given me a treasure” 200
« Lady Catherine, dit-elle, vous m'avez donné un trésor » 200
It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune must be in want of a wife.
C'est une vérité universellement reconnue qu'un homme célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier.
However little known the feelings or views of such a man may be on his first entering a neighbourhood, this truth is so well fixed in the minds of the surrounding families, that he is considered as the rightful property of some one or other of their daughters.
Si peu que l'on connaisse les sentiments ou les opinions d'un tel homme lorsqu'il s'établit pour la première fois dans un voisinage, cette vérité est si bien ancrée dans l'esprit des familles environnantes qu'elles le considèrent aussitôt comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles.
“My dear Mr. Bennet,” said his lady to him one day, “have you heard that Netherfield Park is let at last?”
« Mon cher Monsieur Bennet, lui dit un jour son épouse, avez-vous appris que Netherfield Park est enfin loué ? »
“But it is,” returned she; “for Mrs. Long has just been here, and she told me all about it.”
« Mais si, reprit-elle ; car Mrs Long sort d'ici à l'instant, et elle m'a tout raconté. »
“Do not you want to know who has taken it?” cried his wife, impatiently.
« Ne voulez-vous pas savoir qui l'a loué ? » s'écria sa femme avec impatience.
“_You_ want to tell me, and I have no objection to hearing it.”
« _Vous_ brûlez de me le dire, et je ne vois aucun inconvénient à l'entendre. »
“Why, my dear, you must know, Mrs. Long says that Netherfield is taken by a young man of large fortune from the north of England; that he came down on Monday in a chaise and four to see the place, and was so much delighted with it that he agreed with Mr. Morris immediately; that he is to take possession before Michaelmas, and some of his servants are to be in the house by the end of next week.”
« Eh bien, mon cher, sachez que Mrs Long dit que Netherfield a été loué par un jeune homme de grande fortune, venu du nord de l'Angleterre ; qu'il est arrivé lundi dans une chaise à quatre chevaux pour voir la propriété, et qu'il en a été si enchanté qu'il s'est aussitôt entendu avec Monsieur Morris ; qu'il doit en prendre possession avant la Saint-Michel, et que certains de ses domestiques doivent être dans la maison dès la fin de la semaine prochaine. »
L'édition complète contient le texte intégral dans les deux mises en page (côte à côte et par paragraphes) en EPUB et PDF.
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